Seconde HSA non refusable

Article de Marlène Gracia paru dans Contrepoint, le journal du CréSEP réservé aux adhérents
jeudi 13 juin 2019

En voilà une bonne raison de plus pour être en grève le 17 juin prochain ! Une seconde heure supplémentaire hebdomadaire non refusable pour les enseignants du second degré ! Une mesure inadmissible qui montre bien le mépris que le gouvernement a pour notre profession et sa surdité face à notre légitime colère !

En effet, le décret n° 2019-309, publié au JO du 13 avril 2019, a rendue officielle la création d’une seconde heure supplémentaire hebdomadaire non refusable par les enseignants du second degré. Le seul motif de refus admis est un motif d’ordre médical.
Ce décret prend effet à compter du 1er septembre 2019.

Selon Blanquer, visiblement fan du tristement célèbre « Travailler plus pour gagner plus ! », il s’agirait d’une mesure permettant la hausse du pouvoir d’achat des maîtres ! De qui se moque-t-il ? Notre ministre sait pertinemment que seule une revalorisation du point d’indice pourra augmenter notre pouvoir d’achat.

Le montant d’une HSA étant inférieur au montant de l’heure poste, il est évident que s’épuiser à faire des heures supplémentaires n’est pas du tout rentable pour un professeur ! En outre, le montant de la première HSA qui n’était pas refusable était majorée de 20 % par rapport aux autres. Aucune majoration n’est prévue pour la seconde HSA non refusable. Personne n’est dupe : c’est bien l’administration qui sort gagnante de ce décret !

D’ailleurs, le décret stipule que c’est dans « l’intérêt du service » que l’enseignant peut se voir imposer une seconde HSA, nullement dans l’intérêt de son portefeuille, ni à sa demande à lui !

Le CréSEP dénonce cette nouvelle obligation qui masque la réalité des suppressions de postes tout en entraînant des inégalités entre les personnels enseignants (entre 1er et 2nd degrés notamment, puisque les enseignants du premier degré ne peuvent effectuer d’heures supplémentaires, ni les documentalistes).

Enfin, elle risque d’aggraver l’inégalité hommes-femmes car une partie de nos collègues femmes sont obligées de demander un temps partiel pour échapper à ces heures supplémentaires afin d’assumer toutes les charges familiales.

Rappelons aussi que, quand le temps de travail était fixé à 39 h, les enseignants avaient les mêmes obligations de service que maintenant. Les enseignants n’ont jamais été concernés par le passage aux 35 heures. Aujourd’hui, le ministre oblige à faire des heures supplémentaires. Si ce n’est pas une augmentation du temps de travail, ça s’appelle comment ?