Tergiversations !

Edito de Rose-Marie Blasco paru dans Contrepoint, le journal du CréSEP réservé aux adhérents
jeudi 18 mars 2021

Cela fait presqu’un an à présent que la France était confinée pour la première fois. Depuis, les politiques sanitaires menées par notre gouvernement, empreintes de tergiversations, ont abouti, à de maintes reprises, à de réelles incohérences et s’apparentent à un véritable casse-tête chinois, tant il semble difficile de concilier la vie économique du pays et les mesures sanitaires.

Tergiversations tout d’abord avec le port du masque : avant de devenir l’un des principaux remparts contre l’épidémie, ceux qui nous gouvernent arguaient qu’il ne servait à rien !

Tergiversations aussi avec le confinement. Pour commencer, le confinement fut national ; il était alors présenté comme étant la seule alternative efficace pour lutter contre la propagation de l’épidémie. Vint ensuite le déconfinement « estival » qui fut suivi du « confinement couvre-feu hivernal », puis, dernièrement, « le confinement le week-end, » instauré dans certains départements où la circulation du virus est alarmante comme c’est le cas notamment dans le Pas-de-Calais, où le taux d’incidence est, pourtant, moins élevé qu’en Seine-Saint-Denis, département qui néanmoins échappe à cette mesure !

Tergiversations encore, aujourd’hui, avec le vaccin, pourtant si attendu et porteur de tellement d’espoirs pour sortir de la pandémie. Nos dirigeants le préconisent avec conviction ; pour autant, se faire vacciner n’est pas obligatoire. Et pour cause, les vaccins manquent, et la fiabilité de l’un d’entre eux est considérablement discutée !

Donc, pour le moment, pour être vacciné il faut être volontaire ; cela étant fort démocratique, on ne peut que s’en réjouir. En effet, rendre le vaccin obligatoire serait perçu comme une preuve de plus de l’autoritarisme de l’État.

En même temps, à tant tergiverser, les politiques inquiètent et perdent la confiance des Citoyens qui ne peuvent que douter de leur capacité à mettre en œuvre des politiques sincères, basées sur des choix bien fondés.

Pour convaincre de l’efficacité des mesures sanitaires mises en place, surtout lorsque ces dernières contraignent et divisent, le pouvoir doit savoir trancher ; pour persuader, il doit rendre visible la pertinence de ses décisions. Il doit le faire sans tergiverser et sans craindre, notamment, de devoir, après la crise, en assumer les responsabilités.